Louer son logement via une plateforme comme Airbnb est possible, mais strictement encadré par la loi. Depuis la loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme, les règles ont été profondément durcies : enregistrement obligatoire sur tout le territoire, fiscalité réformée, nouvelles exigences énergétiques. Voici l'essentiel à connaître avant de mettre un bien en location courte durée.
La location en meublé de tourisme obéit à des règles précises sur la durée maximale autorisée. La règle fondamentale est celle des 120 jours de location par an pour une résidence principale.
Il est possible de louer son logement principal, mais sans dépasser 120 jours par an. La raison est simple : le propriétaire est censé habiter ce qu'il définit comme sa résidence principale pendant au moins 8 mois par an. Selon service-public.fr, certaines communes peuvent fixer un plafond inférieur à 120 jours — il convient de se renseigner auprès de la mairie concernée. Par ailleurs, la durée accordée à un même client ne peut en aucun cas dépasser 90 jours consécutifs par année civile.
Vivre dans certaines villes comme Paris, Nice ou Bordeaux demande au loueur de déclarer en mairie la location de sa résidence principale afin d'obtenir un numéro d'enregistrement.
Dans le cas d'une résidence secondaire, dépasser la limite des 120 jours est envisageable. Le loueur doit toutefois procéder à une déclaration en mairie et, selon la localisation du bien, obtenir une autorisation de changement d'usage.
Selon service-public.fr, depuis le 20 mai 2026, toutes les locations de meublés touristiques doivent faire l'objet d'une déclaration auprès d'un téléservice national dédié. Cette obligation s'applique à l'ensemble du territoire, quelle que soit la commune — et non plus seulement dans les grandes villes. Le loueur reçoit un numéro d'enregistrement qui doit figurer sur toutes les annonces et contrats de location.
Les sanctions en cas de manquement sont les suivantes :
Dans de nombreuses villes, une procédure de changement d'usage est requise lorsque le logement n'est plus destiné à un usage d'habitation principal mais dédié à la location touristique. C'est notamment le cas pour :
En cas de dépassement des 120 jours de location par an sans justification auprès des services de la mairie, le bailleur s'expose à une amende pouvant atteindre 10 000 €. Oublier de procéder à un changement d'usage est sanctionné par une amende pouvant aller jusqu'à 50 000 € et une astreinte par jour et par mètre carré de 1 000 €.
Les revenus des locations en meublés de tourisme sont soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Le régime fiscal applicable dépend du statut du bien et du montant des recettes annuelles.
La loi du 19 novembre 2024 a profondément modifié les règles du micro-BIC pour les locations de courte durée. Selon impots.gouv.fr, les règles applicables aux revenus 2025 (déclarés en 2026) sont les suivantes :
Par exception, louer sa résidence principale pour moins de 760 € par an permet de s'exonérer d'impôts. Si les recettes sont inférieures à 305 €, aucun impôt n'est dû.
Cette situation concerne les personnes dont les recettes locatives dépassent 23 000 € par an. L'activité est alors considérée comme professionnelle et nécessite l'obtention d'un statut LMP. Le paiement de cotisations sociales sur les revenus tirés de la location s'impose, contrairement au régime du loueur non professionnel.
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Depuis la loi du 19 novembre 2024, les meublés de tourisme sont soumis aux obligations de décence énergétique. Selon le ministère chargé de l'Écologie, les logements classés F et G au DPE sont interdits à la location touristique. Un DPE conforme est exigé lors de l'enregistrement du bien. L'objectif réglementaire à terme est d'exiger la classe D puis C pour tous les meublés de tourisme.
Les 3 points à retenir :