La défiscalisation immobilière désigne l'ensemble des mécanismes fiscaux permettant de réduire son impôt sur le revenu en investissant dans un bien mis en location. En 2026, le dispositif Jeanbrun (art. 47, loi n° 2026-103 du 19 février 2026) remplace le Pinel, éteint au 31 décembre 2024. Qui peut défiscaliser ? Quels profils sont concernés ? Le Plan Immobilier fait le point.
Contrairement aux acheteurs étrangers, qui disposent de règles fiscales spécifiques, les solutions de défiscalisation immobilière s'adressent principalement à des contribuables fiscalement domiciliés et imposés en France au sens de l'article 4 B du CGI. Les non-résidents fiscaux sont en règle générale exclus des dispositifs adossés à l'impôt sur le revenu français.
S'agissant de la localisation du bien, le dispositif Jeanbrun — successeur du Pinel depuis le 21 février 2026 (art. 47, loi n° 2026-103 du 19 février 2026) — ne comporte plus de contrainte de zonage géographique rigide : il est accessible sur l'ensemble du territoire national, y compris en Outre-Mer, là où le Pinel était limité aux seules zones A, Abis et B1.
Le logement doit toutefois être situé dans un bâtiment d'habitation collectif au sens du 6° de l'article L. 111-1 du code de la construction et de l'habitation — les maisons individuelles neuves restant exclues, comme elles l'étaient déjà sous le Pinel depuis le 1er janvier 2021.
Les plafonds de loyer applicables restent quant à eux modulés selon la localisation du bien, par renvoi aux barèmes des articles 199 novovicies et 199 tricies du CGI pour les segments intermédiaire, social et très social.
Des dispositifs complémentaires comme la loi Malraux ou le déficit foncier s'appliquent quant à eux sur des périmètres géographiques ou des types de biens spécifiques.
Contrairement à certaines idées reçues, la défiscalisation n'est pas uniquement réservée aux personnes disposant de très hauts revenus.
Le dispositif Pinel, qui a pris fin le 31 décembre 2024 (loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023, art. 199 novovicies du CGI), offrait une réduction directe de l'impôt dû — jusqu'à 14 % du prix de revient sur 12 ans en Pinel classique, ou 21 % en Pinel+ — ce qui le rendait accessible dès un impôt annuel relativement modeste.
Le dispositif Jeanbrun repose sur une logique différente : il réduit la base imposable des revenus fonciers via un amortissement fiscal annuel calculé sur 80 % du prix d'acquisition, hors foncier, à des taux allant de 3 % à 5,5 % selon le type de bien et le niveau de loyer consenti, avec un plafond de déduction annuelle de 8 000 € en location intermédiaire, 10 000 € en location sociale et 12 000 € en location très sociale, par foyer fiscal.
L'économie fiscale réelle est donc directement proportionnelle à la tranche marginale d'imposition (TMI) du contribuable : plus elle est élevée — 30 %, 41 % ou 45 % —, plus le gain est substantiel.
Ce mécanisme est hors plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € (art. 200-0 A du CGI), ce qui le rend particulièrement attractif pour les contribuables fortement imposés percevant déjà des revenus fonciers.
Différents types de profils s'intéressent généralement à l'investissement locatif et aux possibilités de défiscalisation associées. Parmi les plus récurrents, on notera les contribuables souhaitant :
Ce dernier objectif sera utile notamment en cas de perte de revenus significative due à un décès, une perte d'emploi, une incapacité de travail définitive, la maladie ou encore un handicap.
À noter que le dispositif Jeanbrun interdit strictement la location à un membre du foyer fiscal ou à ses ascendants, descendants et alliés jusqu'au 2e degré (art. 47, loi n° 2026-103) — contrairement au Pinel, qui permettait de loger ses proches dans le bien sous conditions.
N'hésitez pas à faire appel à un professionnel afin d'identifier le ou les dispositifs présentant le plus d'avantages à moyen et long terme.
