Créer une société civile immobilière (SCI) permet d’acheter un logement neuf à plusieurs : la société devient propriétaire et les associés détiennent des parts. Ce montage facilite la gestion et la transmission, mais implique des formalités et des responsabilités. Le Plan Immobilier fait le point.
Une SCI est une personne morale constituée d’au moins deux associés pour acquérir, détenir et gérer un patrimoine immobilier dans un but principalement civil.
Parmi les types d’investissements immobiliers, elle peut notamment servir à acheter un logement neuf sur plan ou en Vente en l’État Futur d’Achèvement (VEFA).
En pratique :
La société civile immobilière se distingue par des règles de fonctionnement prévues à l’avance dans ses statuts.
Une famille, un couple ou des investisseurs peuvent s’associer, chacun détenant des parts à hauteur de son apport.
La sortie d’un associé n’impose pas la vente du logement : il peut céder ses parts, en principe avec l’agrément des autres associés, sauf aménagement prévu par les statuts.
Pour des partenaires pacsés ou des concubins, la SCI offre un cadre plus organisé que l’indivision, sans faire du survivant un héritier.
Sa protection gagne à être anticipée : clauses adaptées, testament ou démembrement des parts selon la situation.
À lire aussi : SCI, SCPI et OPCI : quelles différences ?
Lorsqu’une société civile immobilière non soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) loue un logement nu, son résultat est en principe imposé entre les mains des associés, chacun selon sa quote-part. Elle peut également opter pour l’IS.
| Régime | Fonctionnement | Point de vigilance |
|---|---|---|
| SCI à l’IR | Chaque associé déclare sa quote-part du résultat, en revenus fonciers pour une location nue | L’associé est imposé sur sa quote-part même si le bénéfice reste dans la SCI |
| SCI à l’IS | La société paie l’impôt sur son résultat et peut amortir la construction, hors terrain | Le régime de la plus-value à la revente diffère de celui d’une SCI à l’IR |
À l’IR, la part du déficit foncier provenant de dépenses autres que les intérêts d’emprunt peut, sous conditions, s’imputer sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Le choix entre IR et IS s’apprécie sur toute la durée du projet, y compris la revente.
En location meublée, activité commerciale, la SCI relève en principe de l’IS, sauf tolérance administrative si ces recettes restent accessoires et ne dépassent pas 10 % des recettes totales.
La SCI permet de transmettre progressivement des parts sociales plutôt que le logement lui-même. Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent sur les donations, renouvelable tous les 15 ans ; il est de 31 865 € pour un petit-enfant.
Il n’existe pas de décote fiscale automatique de 10 % sur les parts : leur valeur dépend de la situation réelle de la société, dettes comprises, comme le capital restant dû d’un emprunt immobilier.
La société civile immobilière crée aussi des obligations :
En VEFA, mieux vaut arrêter le montage avant la signature définitive et adapter les statuts au projet : résidence principale, location ou transmission.
La SCI peut être pertinente pour acheter à plusieurs ou organiser une transmission, sans être automatiquement plus avantageuse qu’un achat en direct ou en indivision.
La fiscalité, le financement, la protection des associés, la revente et la rédaction des statuts méritent d’être étudiés avant la création.
