Le dispositif Besson neuf (dit loi Besson) permettait d’amortir un logement neuf en contrepartie d’une location nue d’au moins neuf ans, sous plafonds de loyer et de ressources. Fermé aux nouveaux investissements depuis le 3 avril 2003, il conserve pourtant des plafonds actualisés pour les baux qui en relèvent encore. Le Plan Immobilier fait le point sur son fonctionnement.
Cette loi n'est plus en vigueur
Créé par la loi de finances pour 1999, le Besson neuf faisait partie des dispositifs fiscaux d’incitation à l’investissement locatif intermédiaire.
Le propriétaire pratiquait une déduction au titre de l’amortissement en contrepartie d’un engagement de location.
Il concernait notamment :
Le régime s'appliquait aux investissements réalisés entre le 1er janvier 1999 et le 2 avril 2003. Depuis le 3 avril 2003, aucun nouvel investissement ne peut donc en relever.
L’avantage prenait la forme d’une déduction au titre de l’amortissement du prix d’acquisition ou de revient du logement, imputée sur les revenus fonciers. Il ne s’agissait donc pas d’une réduction d’impôt calculée directement sur l’impôt dû.
Le calendrier d’amortissement était dégressif :
| Période | Durée | Taux annuel | Déduction cumulée |
|---|---|---|---|
| Période initiale | 5 premières années | 8 % | 40 % |
| Fin de la période initiale | 4 années suivantes | 2,5 % | 50 % |
| Première prorogation, sous conditions | 3 ans | 2,5 % | 57,5 % |
| Seconde prorogation, sous conditions | 3 ans | 2,5 % | 65 % |
L’option pour le Besson neuf reposait sur des engagements précis :
Ces plafonds sont réévalués chaque année pour les baux concernés. Le locataire ne pouvait pas faire partie du foyer fiscal du propriétaire.
La location à un ascendant ou à un descendant, exclue pour les investissements réalisés avant le 9 octobre 2002, a été autorisée pour ceux réalisés à compter de cette date.
L’administration fiscale a publié récemment des plafonds pour les baux conclus ou renouvelés dans le cadre du Besson neuf.
Ils concernent uniquement les logements encore rattachés à ce régime.
| Zone | Loyer mensuel maximum par m² hors charges |
|---|---|
| Zone I bis | 19,40 € |
| Zone I | 17,18 € |
| Zone II | 13,27 € |
| Zone III | 12,53 € |
Ces plafonds de loyer reposent sur le zonage historique du Besson neuf, en quatre secteurs : I bis (Paris et ses communes limitrophes), I, II et III.
Les plafonds de ressources utilisent, eux, les zones A, B1, B2 et C : les deux tableaux ne reposent donc pas sur le même découpage géographique.
| Composition du foyer | Zone A | Zones B1 et B2 | Zone C |
|---|---|---|---|
| Personne seule | 56 142 € | 43 390 € | 37 967 € |
| Couple | 83 906 € | 57 943 € | 51 031 € |
| Seul ou en couple avec 1 personne à charge | 100 859 € | 69 677 € | 61 095 € |
| Seul ou en couple avec 2 personnes à charge | 120 812 € | 84 112 € | 73 939 € |
| Seul ou en couple avec 3 personnes à charge | 143 021 € | 98 947 € | 86 779 € |
| Seul ou en couple avec 4 personnes à charge | 160 936 € | 111 512 € | 97 889 € |
| Majoration par personne à charge à partir de la 5e | 17 938 € | 12 436 € | 11 119 € |
Non. À la manière d’un programme immobilier entièrement commercialisé, le Besson neuf n’accueille plus de nouveaux investisseurs : les plafonds publiés servent uniquement à gérer les situations encore rattachées à d’anciennes opérations.
Avant d’appliquer les règles du régime, un propriétaire concerné a donc intérêt à vérifier :
Pour un nouvel investissement dans le neuf, le Besson appartient désormais à l’historique des dispositifs fiscaux.
Depuis le 21 février 2026, le statut de bailleur privé, aussi appelé dispositif Jeanbrun et pilier du plan « Relance logement », prévoit sous conditions un mécanisme d’amortissement pour certains logements neufs situés dans des bâtiments collectifs.
Ce statut n’est pas une surélévation du Besson mais un nouvel ouvrage : conditions, taux d’amortissement, plafonds et période d’investissement lui sont propres.
La loi Besson ne reste pertinente que pour les propriétaires dont l’investissement historique demeure rattaché à ce régime.

Pour aller plus loin :
Pourquoi défiscaliser ?
Les principaux dispositifs fiscaux pour investir dans l’immobilier