Le secteur du bâtiment génère 23 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Réduire cet impact passe notamment par le choix de matériaux de construction plus respectueux de l'environnement. Parpaing, béton cellulaire, brique monomur ou bois : chaque solution présente des avantages et des limites. Le Plan Immobilier fait le point.
Le parpaing est un bloc de béton manufacturé, composé principalement de granulats (sable et gravier), de ciment et d'eau. Ce matériau reste aujourd’hui incontournable pour construire des logements solides et durables.
Le moulage des blocs s'effectue à froid avant une phase de séchage, ce qui limite l'énergie nécessaire à leur fabrication par rapport à certains matériaux nécessitant une cuisson. Les matériaux qui le composent sont largement disponibles en France. Le parpaing reste l'un des matériaux de construction les plus économiques. La présence de nombreux sites de production sur le territoire contribue également à limiter les distances de transport.
Le parpaing en lui-même n’a aucune qualité d'isolation thermique intrinsèque : sa conductivité thermique se situe généralement entre 0,9 et 1,75 W/(m·K) selon sa formulation, ce qui en fait l'un des matériaux de structure les moins isolants. Pour répondre aux exigences actuelles de performance énergétique, il est généralement associé à un isolant. Associé à un isolant adapté, il offre également de bonnes performances acoustiques.
Le béton cellulaire, commercialisé notamment sous la marque Thermopierre, est couramment utilisé.
C'est un mélange de sable siliceux broyé fin, de ciment portland, de chaux de haute qualité, d'eau et d'une faible quantité de poudre d'aluminium. Après moulage, les blocs sont durcis en autoclave sous vapeur à haute pression. Sa mise en œuvre est facilitée par sa légèreté. Sa densité se situe généralement entre 350 et 800 kg/m³, contre environ 2 400 kg/m³ pour un béton ordinaire. Les blocs sont généralement assemblés à l'aide d'un joint mince, ce qui réduit les besoins en mortier.
Une fois mis en œuvre, le béton cellulaire n'émet pas de composés organiques volatils (COV).
Grâce à sa faible conductivité thermique, généralement comprise entre 0,09 et 0,24 W/(m·K) selon sa densité et sa formulation, il offre une bonne isolation et peut, dans certains projets, limiter le recours à une isolation complémentaire. Après application d'un enduit adapté, il peut recevoir directement les finitions, comme la peinture ou le carrelage.
Les briques monomur ont profondément fait évoluer les performances de la brique traditionnelle.
Conçues pour améliorer les performances thermiques de l'enveloppe du bâtiment, les briques monomur se distinguent des briques traditionnelles par leur structure alvéolaire et leurs propriétés isolantes. Selon les produits et leur épaisseur, leur conductivité thermique se situe généralement entre 0,11 et 0,18 W/(m·K). Selon les projets, elle peut limiter le recours à une isolation complémentaire.
Sa structure alvéolaire contribue à la régulation naturelle de l'humidité intérieure.
Autre avantage, le procédé de joint mince utilisé pour l'assemblage des blocs limite considérablement les consommations d'eau, ce qui est également bon pour l'environnement.
La fabrication quant à elle ne fait appel qu'à de la terre et de l'eau mais nécessite une cuisson entre 900 et 1 100 °C selon les procédés, ce qui impacte le bilan écologique du matériau.
Le bois est un matériau de construction de plus en plus utilisé. Il est apprécié pour son caractère renouvelable, son confort et ses bonnes performances thermiques.
En effet, le bois nécessite peu d'énergie pour sa transformation. Sa conductivité thermique se situe généralement entre 0,12 et 0,23 W/(m·K) selon l'essence et la densité. Grâce à une enveloppe performante, les constructions à ossature bois permettent d'obtenir un excellent niveau d'isolation. Le bois offre par ailleurs un climat d'habitation confortable, grâce à sa capacité à absorber et à restituer l'humidité de l'air ambiant.
Sa légèreté permet généralement de réaliser des fondations moins massives que pour une construction maçonnée, selon la nature du terrain et le projet.
Correctement conçu, protégé de l'humidité et entretenu, un ouvrage en bois peut présenter une très longue durée de vie.
Il n'existe pas de matériau écologique universel. L'impact environnemental d'une construction dépend de plusieurs critères complémentaires : l'origine des matières premières, les distances de transport, les procédés de fabrication, la durabilité de l'ouvrage, ainsi que la possibilité de réemploi ou de recyclage en fin de vie. Le choix d'un matériau doit donc s'apprécier au regard du projet dans son ensemble, de sa conception et de ses performances sur l'ensemble de son cycle de vie, plutôt que sur un seul critère.
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