Parallèlement, une réforme structurelle des bases cadastrales, annoncée par Bercy en novembre 2025, a déclenché une vive polémique avant d'être suspendue par le gouvernement. Faisons le point sur ce qui vous attend concrètement.
Une taxe foncière sous pression depuis dix ans
La taxe foncière est acquittée par environ 32 millions de propriétaires en France. Elle constitue la principale ressource fiscale des communes et intercommunalités. Ces dernières années, son montant a connu une progression soutenue, notamment sous l'effet de l'inflation et de décisions locales d'augmentation des taux.
En 2026, deux mécanismes bien distincts sont susceptibles d'alourdir la note fiscale des propriétaires.
La hausse automatique de +0,8 % : ce qui s'applique à tous
Chaque année, les valeurs locatives cadastrales — qui servent de base au calcul de la taxe foncière — sont revalorisées automatiquement. Selon impots.gouv.fr, cette revalorisation est calculée à partir de l'Indice des Prix à la Consommation Harmonisé (IPCH) publié par l'INSEE au mois de novembre précédant la taxation.
Pour 2026, ce coefficient est fixé à +0,8 %, reflétant le net ralentissement de l'inflation constaté fin 2025. Cette hausse mécanique concerne la totalité des 32 millions de propriétaires, sans exception.
Comment est calculée la taxe foncière ?
La réforme des "éléments de confort" : suspendue, pas abandonnée
En novembre 2025, Bercy a révélé qu'une opération de « fiabilisation des bases foncières » menée par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) allait entraîner une hausse de taxe foncière pour 7,4 millions de logements.
En cause : des « éléments de confort » présents dans de nombreux logements rénovés depuis les années 1970, mais jamais intégrés dans les fichiers cadastraux. Chaque équipement est traduit en mètres carrés fictifs ajoutés à la surface imposable, augmentant ainsi mécaniquement la valeur locative, selon les équivalences suivantes communiquées par la DGFiP :
| Élément de confort | Équivalence en m² supplémentaires |
|---|---|
| Eau courante | + 4 m² |
| Électricité | + 2 m² |
| Baignoire | + 5 m² |
| Douche | + 4 m² |
| Lavabo | + 3 m² |
| Chauffage central | + 2 m² |
Selon les estimations de Bercy, cette révision aurait entraîné une hausse moyenne de 63 euros par an pour les logements concernés, et généré 466 millions d'euros de recettes supplémentaires pour les collectivités locales.
Le recul du gouvernement face à la polémique
L'annonce a immédiatement suscité un tollé. Selon Maire-Info, le quotidien de l'Association des maires de France (AMF), la mesure avait été dévoilée par une fuite dans la presse en plein congrès de l'AMF, déplu autant aux élus qu'aux contribuables — à quatre mois des élections municipales de 2026.
Le 26 novembre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé devant les sénateurs la suspension de la réforme, déclarant : « Il faut changer de méthode à court et à moyen terme. » Il a souhaité engager un travail de long terme sur la réforme des bases locatives, qu'il a lui-même qualifiées de « caduques ».
Le gouvernement a ouvert une phase de concertation avec les communes, les parlementaires et les associations d'élus, avec un point d'étape envisagé d'ici mai-juin 2026. L'application effective de cette révision est désormais envisagée pour 2027 au plus tôt.
La grande réforme des valeurs locatives encore repoussée
Comment contester votre taxe foncière si la réforme s'applique ?
Si la révision des éléments de confort venait à entrer en vigueur et que votre logement ne dispose pas réellement des équipements mentionnés dans les fichiers de la DGFiP, vous pouvez contester le montant de votre imposition.
Selon la DGFiP, la démarche est possible :
- Via votre messagerie sécurisée sur impots.gouv.fr
- Par courrier recommandé avec accusé de réception adressé à votre centre des finances publiques
- Avant le 31 décembre 2026
Pensez à rassembler vos justificatifs : plans du logement, factures de travaux, photographies attestant l'absence de l'équipement contesté. Les contestations formulées avant fin juin seront intégrées aux avis émis à l'automne.

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