La demande de logements neufs reste sous pression, sans redressement perceptible de la solvabilité.
Voici les principaux indicateurs à retenir.
Présenté par Le Plan Immobilier.
Autorisations et mises en chantier : un rebond encore fragile
+28,1 % d'autorisations au T1 2026, mais des volumes historiquement bas
Les autorisations de logements collectifs affichent une hausse marquée de +28,1 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l'année précédente, selon les données brutes Sitadel publiées le 28 avril 2026. Le volume atteint 50 393 logements collectifs autorisés, contre 39 348 au T1 2025.
Ce rebond doit toutefois être mis en perspective. La moyenne trimestrielle observée entre 2015 et 2018 s'établissait à 59 600 logements collectifs, soit un niveau supérieur de près de 20 % aux volumes actuels.
Corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, les données de mars 2026 indiquent une stagnation : les autorisations de logements collectifs ordinaires progressent à peine de +1,1 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Des mises en chantier insuffisantes, reflet d'un blocage persistant
Au-delà des autorisations, les mises en chantier demeurent très insuffisantes. Le blocage des opérations reste structurel : la construction neuve ne parvient pas à enclencher une dynamique durable.
La fin du cycle électoral municipal pourrait favoriser un regain progressif des permis de construire, susceptible de se traduire ensuite en démarrages de chantiers.
Le plan de relance du logement récemment annoncé, incluant le dispositif Jeanbrun, pourrait soutenir la dynamique à moyen terme. Aucun effet tangible n'est cependant encore observable dans les statistiques à ce stade.
Le décalage entre annonces, permis et chantiers confirme que la reprise, si elle intervient, sera nécessairement progressive.
Ventes de logements neufs : le marché sous les 20 000 réservations
-14,3 % de ventes totales au T1 2026
Les ventes totales de logements neufs au T1 2026 reculent de -14,3 % par rapport au T1 2025 et passent sous le seuil symbolique des 20 000 logements, selon l'Observatoire de la FPI (données publiées le 12 mai 2026). Ce niveau confirme la profondeur de la crise que traverse le marché de la promotion résidentielle.
Les propriétaires occupants en fort recul, les investisseurs en légère hausse
La structure des réservations évolue sensiblement. Les ventes aux propriétaires occupants chutent de -18,2 % et représentent désormais 75 % du marché au détail. À l'inverse, les ventes aux investisseurs particuliers progressent légèrement en volume : leur part s'établit à 25 % des réservations au détail, contre un tiers encore fin 2024.
Cette réorientation partielle vers l'investissement locatif traduit notamment l'effet des premières annonces autour du statut du bailleur privé, même si les volumes restent modestes à ce stade.
Défaillances en promotion : +50,7 % de faillites au T1 2026
La fragilité du secteur se lit aussi dans les données de sinistralité. Selon le cabinet Altares (14 avril 2026), le nombre total de défaillances — redressements judiciaires, liquidations et procédures de sauvegarde — dans l'activité de promotion immobilière s'élève à 214 au premier trimestre 2026, contre 142 un an auparavant. Cela représente une hausse de +50,7 % sur un an.
Cette accélération des faillites illustre la pression financière qui s'exerce sur les opérateurs de programmes neufs, confrontés simultanément à une demande atone, à des coûts de construction élevés et à des taux de commercialisation insuffisants pour équilibrer les opérations.
Le prix moyen national dans l'immobilier neuf se stabilise autour de 5 000 € le m², sur la base d'un volume de transactions réduit et sous l'effet de contraintes techniques et réglementaires inflationnistes.
Perspectives : une reprise possible, mais conditionnée
À court terme, les perspectives de l'immobilier neuf restent étroitement dépendantes de l'environnement macroéconomique. Le retour de l'inflation, tiré par la hausse des prix de l'énergie, renchérit les coûts de construction et pèse sur l'équilibre des opérations.
Ce regain inflationniste s'inscrit néanmoins dans un scénario encore maîtrisé, selon la Banque de France (13 mars 2026).
La stabilité des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) constitue un point d'appui important : elle permet de contenir les taux souverains et, par ricochet, les taux de crédit immobilier, déterminants pour la solvabilité des ménages.
Par ailleurs, des données récentes de l'Institut Paris Région (23 avril 2026) rappellent que les communes les plus bâtisseuses bénéficient d'une dynamique de recettes fiscales plus favorable (+26 % entre 2016 et 2024, contre +20 % pour les autres en Île-de-France), confirmant l'intérêt territorial de la construction neuve.
La reprise du marché de l'immobilier neuf apparaît à la fois possible et fragile. Possible, car les besoins structurels en logements et le rôle économique de la construction demeurent solides.
Fragile, car elle reste conditionnée à une stabilisation macroéconomique, à la restauration de la confiance des ménages et à une amélioration durable de leur capacité d'achat. Plus que jamais, la sortie de crise dépendra de la capacité à articuler ces dimensions dans un environnement encore marqué par de fortes incertitudes.
Sources : FPI France, Note de conjoncture T1 2026 — Sitadel/SDES, données brutes autorisations logements collectifs, 28 avril 2026 — Observatoire de la FPI, ventes logements neufs T1 2026, 12 mai 2026 — Altares, défaillances promotion immobilière T1 2026, 14 avril 2026 — Notaires de France, transactions immobilier ancien, 27 avril 2026 — Banque de France, 13 mars 2026 — Institut Paris Région, retombées fiscales communes bâtisseuses, 23 avril 2026.